Une petit extrait de la vie d’un développeur lambda

Les débuts

Lorsque je suis sorti de l’école, comme bon nombre de mes camarades j’ambitionnais rien de moins que de révolutionner le monde !

Rapidement embauché en SSII (devenues ESN depuis), le meilleur endroit pour changer le monde, j’ai pu être confronté à divers clients.
Au début, je faisais ce quel ‘on me demandait, n’ayant pas la légitimité pour proposer d’autres solutions, malgré une longue expérience personnelle.

La maturité

Puis, devenu développeur senior au bout de … 2 ans et architecte malgré moi, j’ai du commencer à apporter des solutions originales et tout naturellement, je me suis orienté vers des technologies récentes que je maîtrisais et qui faisaient « classe ». Évidemment, je me suis heurté aux services techniques des clients, aux contraintes du matériel et des logiciels datant … d’avant ma naissance.

J’ai beaucoup pesté contre ces dinosaures qui ne voulaient pas évoluer avec leur temps. J’ai souvent échoué mais il m’est arrivé de réussir à introduire de nouvelles technologies.

Le déclin

La vie étant ce qu’elle est, j’ai continué à prendre de l’expérience (les mauvaises langues disent vieillir) et j’ai accueilli des petits nouveaux, fraîchement sortis de l’école avec des idées nouvelles et des technologies plus récentes.

Au début je me suis braqué en affirmant qu’elles n’auraient aucun lendemain par rapport à celles que, Moi, je maîtrisais. Je reproduisais idiotement le même schéma que les anciens que j’avais côtoyés.

Le rebond

Puis le déclic : j’étais moi aussi un dinosaure … à 29 ans ! Je n’ai plus qu’à l’accepter et à avancer.

Analyse – Constat

Depuis quelques années, on constate une accélération de la sortie de nouvelles technologies, pas un trimestre sans une nouvelle technologie miracle, sans un framework magique, ou un concept génial… technologies, frameworks ou concepts qui finiront très probablement sur une disquette au fond d’un placard derrière un serveur… ou sur une branche perdue d’un repository Git.

À première vue, on peut comprendre qu’une entreprise ou une institution qui existe depuis des décennies, ne puisse pas pas sauter sur la moindre nouvelle technologie au risque de passer son temps à en changer à chaque évolution.
Ce qu’elle recherche c’est la stabilité, la diminution du risque et bien sûr … le retour sur investissement qui ne risque pas d’être atteint si les changements sont perpétuels.

Que faire ?

Dans ce contexte d’immobilisme, comment devraient s’intégrer ces nouvelles technologies ?

La réponse n’est pas simple et dépend du contexte mais on peut déjà poser un élément qui fera facilement consensus : les entreprises n’utilisent actuellement que partiellement les possibilités offertes par les technologies existantes. Dans ce cas, parler des nouvelles technologies a t-il vraiment un sens alors que les anciennes ne sont pas entièrement exploitées ?

Le processus d’appropriation de l’outil informatique, si il passe pour complètement acquis, est cependant loin d’être véritablement partagé par tous au sein de l’entreprise : beaucoup ne sont pas concernés par lui et les emplois les moins qualifiés en sont souvent écartés au profit des fonctions d’encadrement ou des services généraux.

Vers l’infini ?

Et c’est certainement là que se situent les prochains gisements de croissance et d’économie :

Les cadres ont leurs macros Excel et leur PowerPoint, les experts des différents domaines ont leurs logiciels dédiés, mais on ne commencent qu’à voir apparaître des applications de plus “bas niveau” qui permettent de suivre et comprendre le travail et les difficultés rencontrées par les collaborateurs. Si cette apparition est si tardive, c’est que ces applications sont réellement spécifiques aux métiers et aux processus de l’entreprise, alors que la compta, reste la compta.

Très bien mais vous me direz : et les nouvelles technologies dans tout ça ?

Et au delà …

Les nouvelles technologies peuvent justement permettre de s’adapter à un public qui n’a pas forcément de compétence en informatique ou à des situations ou l’utilisation d’un ordinateur n’est pas où peu possible. Je pense notamment aux appareils mobiles, mais pas que : les nouveaux développements des objets connectés ouvrent la porte à une multiplication des capteurs qui vont venir enrichir progressivement le S.I. des entreprises de nouvelles données pour permettre, à terme, à toute l’entreprise d’être connectée et gérée le plus efficacement possible.

Cette transition ne se fera en douceur que si les anciennes générations (la mienne ?) et les nouvelles (la mienne aussi ?) se partagent les tâches. Entre maintien de l’existant et de la pérennité du système et introduction de nouvelles technologies dans le but d’améliorer le S.I. sans le chambouler et risquer son effondrement complet.

C’est pour cela que les nouvelles technologies si elles sont nouvelles dans leurs réponses à une problématique sont d’ores et déjà anciennes par le fait qu’elles doivent concilier le préhistorique, l’ancien et le vraiment tout nouveau, comme l’ont fait leurs aînées.

Et finalement tant mieux, sinon je n’aurais déjà plus de travail, dépassé par une technologie en perpétuel renouvellement.